2025 - Partie 2 : De retour en Corée (du coté Gangnam style, pas du coté missile)

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Il y a tant de jeux de mots qui me sont venu à l'esprit pour le titre de cet article, tellement en fait que j'ai pas su choisir. Je ne vais pas trop vous embêter à vous raconter toutes ces petites blagounettes qui rendent la vie quotidienne d'Anna tellement plus belle. Difficile, certes, mais belle.
Je tiens uniquement à vous préciser qu'à une lettre près, on a failli se retrouver en Corse ! Comme quoi.

Après presque quatre ans de vie en exile, on a enfin trouvé le temps dans notre planning de voyage très chargé, de retourner en Corée pendant une quinzaine de jours.
Le voyage commence bien, on arrive à l'aéroport de Chiang Mai bien mouillé, après les quelques minutes de marche depuis le boulot. Et malgré le parapluie. 
Nous nous changeons et prenons un vol de nuit pour arriver à Busan, où nous arrivons tôt le matin. 
Nous nous réjouissons de la fraîcheur des températures moyennement basses, chose que nous n'experimentons pas en Thailande. Mais cette joie est limitée en durée, nous nous les caillons rapidement avec le vent froid sur la côte. 

Pour ne pas s'endormir dans la rue, comme on a mal dormi pendant le vol et que notre check-in à l'hôtel n'est qu'à 16 heures de l'aprèm, nous nous trimballons dans les centres co souterrains et regardons toutes les bidules qu'on ferait mieux ne pas regarder pour ne pas se retrouver tenté. 

Après une petite sieste, nous allons manger un barbeque coréen où la dame nous aide à cuire les viandes sur la grille sous nous yeux. Est-ce qu'elle s'ennuye ou est-ce qu'on est just nul, on ne le saurait pas vous dire.

Le lendemain, nous nous sentons moins fatigué et baladons dans notre musée favori qui a une nouvelle exposition immersive, dans laquelle on se trouve au milieu d'animations plutôt... spéciales. 

Puis, nous allons voir les petits trains capsules sur la côte qu'ils étaient en train de construire seulement quand on y habitait il fût un temps et qui est maintenant une des attractions majeures de la ville. Un panneau nous dit de faire coucou aux capsules. Nous faisons donc coucou aux capsules. Et ça marche ! Les passagers dans les capsules nous font coucou à nous aussi. Est-ce qu'ils avaient un panneau similaire à l'intérieur ?

Sur la plage, le festival du chateau de sable se prépare. De grosses statues de sable s'y font construire. Et ça tient malgré la pluie, on se demande comment. 

Quand la pluie est finie, nous retournons dans le passé lointain en flânant l'ancien quartier où on habitait à l'époque. Notre restaurant de pizza favori n'a pas bougé, mais le bâtiment de notre hostel où on habitait est complètement curé, y a même plus de fenêtre. 
On noie notre attristement en allant sur le parc sur le toit du centre co à côté et duquel on peut voir toutes les balades qu'on a faites dans le quartier, sur l'île en face et dans les montagnes derrière. Nous passons un moment à nous réciter les balades qu'on a fait à deux, mais aussi ceux qu'on faisait tout seul pendant que l'autre travaillait durement au cuistonnage des gaufres belges.

Comme c'est bientôt l'anniversaire de Bouddha, tous les temples sont biens décorés et surtout bien illuminés par des lanternes le soir. Nous retournons à un grand temple dans les montagnes, qui est décoré de plus de 40.000 lanternes, toutes allumées. On l'avait déjà vu la dernière fois, mais c'est toujours aussi incroyable. Oui, 40.000. ça équivaut à une lanterne pour chaque fois qu'on m'a demandé si on a vécu en Corée du Nord ou du Sud.

Comme Busan est une ville très vallonnée, ça monte et descends partout. Pour aider la population, de plus en plus agé, à se déplacer plus facilement, certains quartiers ont installé des ascenseurs de rues, qui montent en diagonale en suivant les escaliers déjà existants. 
Un de ces ascenseurs ressemble plus à un manège de fête foraine, raison pour laquelle c'est devenu également une attraction touristique. Une fois assis dedans, par contre, ça n'a rien à voir avec un manége, ça avance vraiment doucement. 

On quitte Busan pour notre prochaine destination : la ville de Daegu. ça se prononce plus ou moins comme le mot dégoût, d'ailleurs. C'est aussi la seule grande ville en Corée qu'on a pas vraiment visité en mode touriste. On y a travaillé, certes, pendant un week-end en faisant des gauffres belges dans un grand centre commercial et nous avons fait un jour fait le tour des immeubles avec notre chef de la ferme pour livrer du chili chez les ajummas. On a vu plus de la ville que le touriste lambda, du coup, mais on a pas vraiment visité et nous envisageons donc remédier à cela cette fois-ci.

Notre ami Will, dont les grands-parents viennent de Daegu, nous donne quelques conseils de restos. J'aurais du mal à convaincre Anna de la soupe au sang, spécialité de la ville, mais une soupe au riz au boeuf devrait faire l'affaire.
Will nous raconte aussi que Daegu est surnommé non seulement Daefrica - à cause de son climat chaud, mais aussi Gotham Daegu, en faisant allusion à cette ville misérable dans Batman. 
C'est dû au fait qu'ici, à Daegu, peuvent se passer des incidents soit tragiques, soit bizarres, plus souvent qu'ailleurs en Corée. 
C'est également la ville la plus conservatrice du pays. D'après Will, quelques vieux resto aurait gardé des photos sur les murs montrant Park Chung Hee. Si ce nom ne vous dit rien, qui était dictateur de la Corée pendant les années 60 et 70. Dictateur de la Corée du Sud, pas du Nord, je tiens à préciser, datant donc d'une époque plutôt sombre de l'histoire du pays qui s'est modernisé à vitesse d'éclair. 
Nous avons pas trouvé de tels restaurants, même le vieux resto à la soupe au sang cuit, qui en sert depuis bientôt 80 ans, n'en avait pas sur ces murs. Il sentait très fortement le fromage par contre, sans en proposer dans son menu. Je vous laisse imaginer donc l'origine de cette odeur.

Une petite recherche sur Google nous fait découvrir que les autres villes coréennes ont, elles aussi, droits à leurs petits noms mignons. Un petit apercu : Racoon (ou raton laveur) Gwangju, Sim City Seoul, Gangs of Busan, Demonworld Incheon, et d'autres.

On prend le monorail à Daegu, qui nous fait voler bien en hauteur au-dessus des grandes axes de la ville. Mauvaise nouvelle pour les voyeurs par contre, les vitres deviennent opaque et blanche automatiquement quand on passe trop proche devant les tours résidentielles, pour fichtre la paix aux gens qui y habitent. Les voyeurs plus appliqués auront toujours la possibilité de devenir conducteur de monorail pour contourner ce fait.

C'est également à Gotham Daegu que le corona avait commencé en Corée à l'époque, faisant du pays un des premiers atteints en dehors de la Chine, grâce à l'aide d'une secte qui l'avait fait propagé rapidement dans ces cercles, tout en ne pas respectant les autorités. 
Malgré ce faux démarrage, la Corée a géré la situation bien mieux que la plupart du reste du monde et qu'est-ce qu'on fait quand on a fait quelque-chose de bien? On le montre aux gens dans un musée. Oui, à Daegu, on trouve le musée du Corona, à une minute à pied de la plus grande église du pays appartenant à cette même secte. On est éblouit. Le comportement passif-aggressif, vous connaissez ? 
Rien à voir, mais le nom de cette secte se traduit par "L'amour d'abord" en francais. Je suis sûr que vous êtes contents de le savoir.

En parlant de secte, il y a des églises partout en Corée, et encore plus à Daegu. On en trouve plus ici que des temples bouddhistes même. 

Dans une petite ruelle on tombe sur le musée d'un mec qu'on ne sait pas trop ce qu'il a fait, mais le gardien est très gentil. Il nous prend en photo avec un polaroid et nous la donne en forme de souvenir. 

Nous continuons notre voyage en allant à (Raton laveur) Gwangju, troisième ville dans laquelle on cuisait des gaufres belges il fut un temps. C'est une petite ville comparé aux autres mentionnées, elle n'a qu'une seule ligne de métro. La différence avec Daegu, c'est qu'on y a vécu pendant un mois. Nous trouvons quand même des choses à découvrir, comme la plus impressionante fontaine de rue qu'on aie jamais vu. Pour de la K-Pop, elle ne jete pas seulement de l'eau, mais aussi du feux. 

Notre chambre de hostel se trouve finalement pas dans l'hostel même, mais dans la grande maison de la mère du propriétaire et qui date des années 70. On a presque l'impression d'être revenu à la ferme de chili. 
Nos plans sont complètement chamboulés par le fait que des alertes d'incendie nous disent de ne pas aller en montagne. Nous y adhérons, pas moins parce que le pays vient de se battre pendant de nombreuses semaines contre plusieurs gros incendies de forêt. 
Notre deuxième plan d'aller voir un match de baseball, sport national en Corée, se doit voir annuler aussi, le match est complètement sold out, même le mec de l'hostel n'a pas su en acheter. 
Nous visitons donc un quartier de la ville entièrement dédié aux pengouins. 

Le prochain arrêt sur notre périple est Jeonju. Oui, nous avons fait pas mal d'arrêt en très peu de temps. Mais rappelez-vous qu'on avait voyagé en Corée, un pays un plus grand que les Bénélux, pendant près d'un an et demi. On bouche donc juste quelques trous sur la carte des choses qu'on avait pas su voir la dernière fois ou qui n'existaient pas encore à l'époque. 
À Jeonju, ville connue pour l'abondance de hanok, les maisons traditionnelles coréennes, nous dormons dans le quartier, qui est plutôt calme, car on est en semaine. On rentre dans un musée qui a rassemblé tous les bidules des greniers des gens pour en faire un gros musée simulant la vie en Corée pendant les années 60. Nous sortons avec des snacks bizarres, mais bons, de la même époque. 
Une activité à la mode en Corée sont les gros vélos sur les rails désaffectés. 
Nous faisons la course avec le KTX, la version coréenne du TGV, avant de reprendre un vrai train pour aller à Séoul, dernier arrêt de notre voyage. On y arrive pile à temps pour la grève des bus-istes. 
La différence avec les autres villes en Corée se fait sentir tout de suite, au niveau du nombre de personnes dans la rue et de leur âge. On s'en était pas rendu compte avant d'arriver à Séoul, mais les autres villes, même si elles sont très grandes, se faisaient sentir un peu plus calme et un poil plus vide par rapport à nos souvenirs. L'augmentation accélérée de l'âge moyen dans les provinces en dehors de Séoul se fait sentir fortement, malgré le fait qu'on était parti à peine quatre ans. 

Nous retournons voir le quartier de Bukchon, où se trouve également de vieilles maisons traditionnelles. Anna y travaillait même, à nettoyer les chambres de luxe dans un hôtel. 
C'est devenu encore plus touristique qu'à l'époque, au point que la ville a dû imposer un couvre-feu aux non-habitants à partir d'une certaine heure.

Nous allons voir la maison bleue. Jusqu'à récemment, c'était l'équivalent coréen de la maison blanche aux États-Unis. Maintenant, le même président qui vient de se faire éjecter après une tentative de coup d'état avait déménagé ailleurs en ville, ouvrant la maison plus l'énorme terrains de forêts et de jardins dans les montagnes au coeur de Séoul pour la première fois au public. 

Dans le QG d'un des gros producteurs de jeux vidéos coréens se trouve un musée du jeu vidéo, avec tout plein de vieilles consoles. On y trouve même des consoles rares, comme une machine à coudre pour la Game Boy ou des consoles coréennes des années 80 et 90, choses qu'on ne savait même pas que ca existait. 
À la fin du musée, avant le gift shop, on a l'occasion de jouer aux anciens jeux d'arcades à volonté.

Ensuite, nous allons au pied de la tour la cinquième plus haute du monde. Parce qu'il y a une exposition de Pokémon dans le parc l'entourant.

L'office de tourisme de Séoul s'étale sur cinq étages, offrant des activités immersives comme danser sur une scène de K-Pop, faire des Mokbang ou participer à un atelier pour mettre des textes marrants sur une casquette.

Et puis on-- hein ? C'est quoi le Mokbang ? Oh. Euh. Ben. ça vient de mokda pour manger, et bang désignant une salle. C'était un truc à la mode où les gens se filmait en direct en ligne comment ils mangeaient d'énormes quantités de bouffe. Je ne vois pas vraiment l'attrait de regarder ça, me paraissant aussi fascinant que de regarder des inconnus faire du sport, mais on est pas tous fait pareil, et heureusement.

Nous avons l'honneur d'assister à la première course de poussette, avec contenu, évidemment, de Séoul. Ils ont même fermé deux grandes axes de la ville pour cela. 

Nous allons chez notre ami Will et sa femme Sonny, qui vivent dans une des villes satellites au nord de Séoul. Nous prenons le nouveau métro express pour nous y rendre, qui roule à 180 km/h (ou bien plus vite que les trains en Thailande), entièrement une dizaines d'étages en sous-sol. 
L'appartement de chez Will et Sonny est gigantesque, neuf et rempli de gadgets. Un cabinet anti-odeur pour les vestes et un frigo avec une vitre, qui allume la lumière à l'intérieur quand on frappe à la porte, en font parti. 
Tout ce luxe ne serait pas possible à Séoul même, les prix des appartements y étant impayable. 

Le lendemain, c'est déjà le retour pour nous. Nous allons à l'aéroport où nous commencons à trier les 2400 photos et vidéos prises en deux petites semaines, pour noyer notre chagrin. 

Et c'est tout, mon choux. 

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