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Chères lectrices, chers lecteurs !
Merci d'avoir participé à notre enquête annuelle de satisfaction ! Nous avons bien pris en compte vos nombreuses réponses.
Pour plus de transparence, nous vous présentons ci-dessous les résultats de cette enquête. Nous vous promettons la véricitude de chaque mot exprimé sur ce site.
102% d'entre vous sont satisfaits avec notre produit "au point d'abandonner tout autre concept de passe-temps".
50% d'entre vous, ça fait la moitié.
80% nous recommanderaient non seulement aux amis et collègues, mais aussi à leurs ancêtres jusqu'à la Renaissance. Les 20% restant nous recommanderaient à eux-même, s'ils nous connaissaient pas déjà.
100% d'entre vous ont un âge qui s'exprime en faisant utilisation de chiffres.
A la question "Que pourrions-nous améliorer pour rendre votre expérience ici encore plus incroyable ?" la réponse qui ressortaient le plus était : "Rien, vous êtes déjà parfaits !" Une personne, pourtant, a jugé bon de répondre : "La coiffure de Marcel". Des enquêtes investigatives ont été ouvertes pour trouver cet individu. Un, ou plutôt une, suspecte a déjà été identifiée et nous l’interrogeons en ce moment même.
A la question, si on méritait le prix Pulitzer pour notre travail journalistier (et écrivainien) extraordinaire, vous avez, tous et sans faute, préféré ne pas répondre. Nous prenons ça comme un "Évidemment !" Merci, c'est gentil.
Néanmoins, nous avons aussi eu quelques retours négatifs qui ne portent pas uniquement sur la belle chevelure de Marcel, mais entre autres sur l'inventation crétaine de nouveaux mots, ce bout de texte inutile au début de chaque article qui n'a absolument rien à voir avec l'article en question, la voix nasale du narrateur, qui s'entend actuellement dans votre tête même si vous ne faites que lire, ce ton légèrement sarcastique où on ne sait jamais si quelque-chose est vrai ou pas, et, enfin et surtout, malgré le fait que ce soit le point le moins crédible par rapport à tous les autres, la longueur des phrases que nous avons la joie de sculpter. Nous avons pris des mesures adéquates et avons bloqué les comptes utilisateurs concernés pour raison de calomnie.
Merci, encore une fois, d'avoir participé en donnant vos réponses honnêtes à l'enquête. Nous prenons toutes vos réponses au sérieux et surtout à cœur. Nous espérons pouvoir continuer à vous compter en tant que clients fidèles. Et oui, je dis bien client, parce que vous payez avec ce qui vous est le plus cher : votre temps. Donc, ne le gâchons plus et commençons de suite !
Bonjour. Bienvenue. Vous l'avez tant attendu et donc voici les récits de notre grand voyage. Ou du moins de la première partie, pendant laquelle nous nous trouvions sur l'île de Taïwan. On y va pour non seulement faire un tour, mais pour faire LE tour de l'île, comme ses villes forment, de façon plutôt pratique, une forme ellipsoïde en longeant la côte.
Bon, tout d'abord, comme je suis sûr que cette question vous pèse sur le cœur : est-ce que Taïwan est un pays ou est-ce qu elle fait partie de la Chine, comme Hong Kong ou Macao ? Vous le voyez pas mais je hausse des épaules. La Chine dit que l'île en fait partie, l'île dit que c'est un propre pays à part (qui, officiellement, s'appelle également "la Chine", d'ailleurs, mais cela sera le sujet d'une autre leçon) et le reste du monde regarde, la tête baissée et d'un air gêné, le contenu de leurs assiettes en attendant que le sujet soit changé pour quelque-chose de plus jovial.
Donc, le grand voyage commence. On a juste pris un (gros) sac à dos en cabine, comme on préfère voyager léger. Il va falloir faire des machines de toute façon.
L'avion, en arrivant à Taipei, longe la côte, qui nous donne une vue majustueuse (majeusteuse ? ma juteuse?) des grandes montagnes occupant tout le centre de l'île et qui sont à moitié cachées derrières des nuages. Que c'est beau.
En arrivant, on participe à la loterie pour les touristes, en espérant de gagner 5000 New Taïwan Dollar, ou environ 150 euros, pour subventionner les à peu près deux semaines de voyages que nous allons passer ici. Malheureusement, nous ne gagnons pas de Dollar, ni nouveau, ni ancien, et Anna est déçue.
On passe au métro et nous échangeons des vouchers contre des tickets de métro en ville gratos. Anna est moins déçue. On a eu ces vouchers pendant une exposition d'agences de voyages à Chiang Mai, quelques semaines avant de partir. On a aussi eu une lanterne en forme de lapin à monter soi-même. Cela vaut presque les 5000 Dollars.
Si vous suivez attentivement notre blog, vous savez que, en Thaïlande, on vit dans le futur. C'est l'année 2566 actuellement dans l'ancien royaume du Siam. En allant au Taïwan, nous repassons dans le passé, et non seulement de quelques siècles pour revenir à l'heure européenne, mais nous nous trouvons d'un coup au début du moyen âge. C'est l'année 112 ici, qui a commencé à compter à partir de la fondation de la république en 1912. Ça nous rajeunit de plus de 2400 ans. Mes genoux en craquent de joie.
Si vous ne suivez pas attentivement notre blog, sachez qu'on a parlé de vous dans les articles que vous n'avez pas lu.
Après avoir fait notre check-in à l'hôtel, nous allons au marché de nuit le plus proche. Les Taiwannais adorent les marchés de nuit et il y en a partout. Sur ces marchés ne se trouvent pas seulement de la bouffe, mais aussi des jeux trop addictifs et dans lesquels on laisse l'équivalent d'un PIB d'un petit pays au cours de notre voyage ici.
Marcel essaie du requin fumé. Ça a le goût de truite, mais en plus gras. Il n'en est pas convaincu. On essaie plein d'autres bonnes choses, mais il y a un air dérangeant. Littéralement. Qu'est-ce que ça pue par endroit. Et pas non plus la puanteur proprette haute couture. Non. Ça schlingue sa race. Genre du boudin mais en moisi. On continue à marcher pour fuir et cette odeur nous agresse de nouveau un peu plus loin. On identifie un stand qui vend ce qu'on appelle du "Stinky Tofu", le tofu qui pue. Et ben, l’appellation n’exagère point !
D'accord, ça pue, on a compris. Mais est-ce que c'est bon ? C'est avec embarras que nous devons vous avouer que nous n'avons pas osé en manger. Ce qui nous donne une bonne raison pour y retourner un jour, au moins.
Le lendemain, affamé après une petite balade en hauteur qui nous a rappelé qu'il faudrait monter un peu plus de marches à la maison, nous tombons sur un restaurant qui propose des pancakes en forme de scarabées. On se dit pourquoi pas et on se retrouve en plein mille au milieu de nombreuses familles avec leurs gosses. Avant de manger, on nous dirige vers une autre salle, où se trouvent encore plus de gosses qui entourent une Madame qui tient des Scarabées dans ses mains. Des vrais vivants. Pour caresser, pas pour manger. Pour finir le show, elle donne une boule ronde à chacun. Serait-ce du caca de scarabée ? On ne saura pas, mais on s'est bien lavé les mains avant de retourner manger nos scarabées en pancake.
L'étape suivante est le changement des gardes. On y est pas tranquille, des centaines d'autres touristes ont eu la même idée. Pchh.
Ensuite, nous allons dans un temple pour faire un rite de vœux. Ce rite est pratique, parce qu'on sait tout de suite s'il se réalise ou pas. Il faut prendre deux bouts de bois en forme de quart de lune et les laisser tomber par terre, après avoir fait son vœux en silence. Dépendant de comment ces bouts de bois tombent, le vœux se réalisera - ou pas. On a d'ailleurs droit à faire tomber ces bouts de bois trois fois. Si au bout de la troisième fois, c'est toujours pas bon, vous devriez peut-être abandonner l'idée ou brûler plus de faux argent dans le four mis à disposition.
Malchanceux que je suis, mon vœux ne se réalisera pas, d'après les deux quarts de lune. Mais heureusement qu'il y a un centre commercial aux voyants dans le sous-sol de la station de métro à côté du temple. Ce ne sont pas des voyants comme dans votre véhicule automobilisé qui vous crameront un trou dans votre portefeuille, mais des personnes (ou autres, comme vous verrez) qui prédisent le futur. Nous passons toutes sortes de moyens de prédiction de futur, mais nous sommes venus laisser nos sous aux rois de la voyance. À un stand, deux petits oiseaux blancs nous attendent déjà. Un d'eux commence de suite son dur travail, à retirer trois cartes d'un tas de cartes de tarots, tout en m'auscultant d'un regard professionnel, avant de se faire renvoyer dans sa cage. C'est au tour maintenant de la dame pour nous expliquer ce que l'oiseau a vu. Et non, ce n'est pas la graine qu'elle avait mise dans le tas que l'oiseau cherchait, mais tout simplement la vérité.
L'oiseau, d'après la dame, aurait donc prédit que l'année prochaine je devrait m'attendre à du succès tout plein, tant que j'écoute plus les conseils des autres et que je sois moins têtu. Pff, n'importe quoi. J'écoute toujours ce qu'on me dit. Il arrive même que je prenne ce qu'on m'a dit en compte lors d'une prise de décision. (Anna n'a pas l'air d accord...).
On va jouer au baseball dans une cage, comme on avait l'habitude de le faire toutes les semaines en Corée. Je trouve la machine que j'ai choisi super lente. Ah, y a aussi des balles qui sont tirées à 120 km/h dans la machine à côté. Sur les 20 balles, j'en ai presque eu.
Si vous allez au Taïwan ou en Chine, vous verrez souvent des panneaux néons avec des symboles chinois interrompus par les lettres "OK". Ce ne sont pas des médecins soucieux que vous allez plutôt bien mais pas non plus d'une manière exagérée, ni des endroits très froid (ça, c'est 0K), mais ce sont des Karaokés, prononcé du coup "Kaa Laa OKAY!". Et oui, je n'arrive pas à ne pas mettre un pouce dans l'air quand je le dis.
Le Taïwan est atteint d'une addiction grave. C'est l'addiction aux convenience stores. Quand on regarde dans un dictionnaire, le mot "convenience store" se traduit par le mot supérette en français. Malheureusement, cette traduction perd une nuance majeure. Les convenience store, ou CVS, sont Toujours ouverts. Oui, Toujours avec un T majuscule. Besoin d'une banane à trois heures du mat' ? No problemo. Besoin d'un truc contre les maux de têtes tôt le jour de l'an ? Pas de souci. Envie de manger une saucisse chaude à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit ? Tranquille moquille. Besoin de quelqu'un pour vous faire débloquer le dos le dimanche ? Personnellement, j'essayerais plutôt l'hôpital.
C'est pratique (d'où le nom) et une fois qu'on a pris goût, on ne sait plus faire sans. En Asie, de façon générale, on est toujours à au maximum quelques minutes à pied d'un CVS. Le Taïwan y est tellement accro, par contre, qu'ils ont la plus grande densité de CVS par rapport au nombre d'habitants au monde. Si le CVS de l'autre côté de la rue vous semble trop loin, il y en a sûrement un pour lequel vous ne devez pas traverser.
Pour se profiler un peu dans la masse de tous ces magasins, ils ont inventés des magasins à thème. Une énorme statue de Hello Kitty vous fais signe d'entrer. A l'intérieur, entre les produits habituels, se trouvent de la marchandise de la marque au chat. Les murs et les frigos sont eux aussi dans le thème.
Dans un autre quartier, c'est Snoopy qui nous accueille, ou encore un paquet de chips dans un autre.
En faisant des recherches sur ce qu'on pourrait faire pendant nos voyages, on est tombé sur une activité assez... intéressante. Pour y participer, nous nous rendons dans un bâtiment d'appartements où nous avons rendez-vous avec une dame qui nous fait faire des exercices de Tai Chi et qui nous donne des astuces pour mener une vie plus saine. Marcel devrait donc désormais porter une feuille (venue d'un arbre) sur lui et la tenir de temps en temps sur son front pour éviter ses migraines. Il faut que la feuille soit verte, d'ailleurs, donc il faudrait en trouver une nouvelle régulièrement. S'il trouve une feuille et qu'il n'est pas sûr qu'elle fonctionne, il pourra toujours écrire à la dame.
Après, une autre dame arrive et les deux sortent chacune deux gros couteaux de boucher de leurs sacs. Elles nous font nous allonger sur le ventre et nous couvrent de serviettes de bain. Et c'est là seulement que l'activité intéressante mentionnée plus haut commence : le massage aux couteaux. Les couperet ont les lames rendu non coupantes, on n'est quand même pas rentré dans un film d'horreur. Mais elles sont quand même assez fines, dures et bien lourdes, ont a l'impression de bien se faire taper sur tout le corps, y compris la tête. On en sort rafraîchit. Et en vie.
En faisant une petite balade à vélo, on passe par l'université normale de Taipei. Oui, les universités ici sont normales. Circulez, y a rien à voir. Les routes sur le campus sont vidées de voitures, mais c'est pas pour autant qu'on ne tombe pas dans les bouchons - de vélos.
Nous nous en sortons sans accident, en suivant le flux incessant de bicyclettes traversant les routes dans tous les sens, et on se rend dans un magasin de glaces qui est connu pour ses goûts pas très orthodoxes. Marcel essaie une boule au goût "effiloché de porc braisé". Cela a exactement le goût que vous êtes en train d'imaginer actuellement. Et c'était loin d'être le pire choix sur le menu.
Nous continuons en prenant un TGV pour nous rendre à la ville suivante sur notre itinéraire, Taichung. Une fois fait le check-in, nous prenons le bus pour aller au "village arc-en-ciel", une petite collection de maison bien, mais alors très bien coloriées, au milieu de quelques tours d'habitation. On n'arrive à faire que la moitié en bus, par contre, parce qu'Anna avait une envie très pressante. On fait le reste du chemin en vélo, pour ne pas devoir attendre le bus suivant. C'est pour cela, chers enfants, qu'il faut toujours aller au petit coin avant de partir.
Pour revenir vers le centre-ville, on se trimballe dans un parc qui traverse une bonne partie de la ville, pour trouver une statue de scooter. Les Taiwannais adorent se déplacer en mobilette, on en voit plus qu'en Thaïlande encore. Pendant nos recherches, nous avons même vus une énorme statue représentant le modèle le plus à la mode, dans le parc même où on se trouve. On finit par demander à quelqu'un qui nous révèle que cette statue n'existe plus.
C'est avec tristesse qu'on s'arrête donc pour boire un coca taïwanais, qui est fait avec des herbes chinoises. Ça n'a pas vraiment le goût de coca, mais c'est bon.
Le soir, on se balade le long d'un petit fleuve, accompagné par des centaines d'oiseaux qui eux chassent des milliers de moustiques, qui, elles, nous chassent nous.
On se réfugie dans un restaurant connu, qui sert de la bouffe Shanghainaise. Il doit être bon, comme il détient des étoiles de Michelin. Vous savez, les pneus. Même Anna approuve et doit avouer que la nourriture est, et je cite, "délicate", ce qui est un niveau au-dessus de "intéressante" il faut croire.
On entre dans un ancien bâtiment construit par les Japonais, parce qu'il sont venus envahir un peu partout en Asie, si vous n'étiez pas au courant, qui maintenant est un magasin de produits de haut de gamme. Nous y allons juste pour utiliser leurs toilettes en marbre, sans rien acheter.
Toute cela a donné une autre envie pressante à Anna, cette fois-ci l'envie du shopping. Du coup, on fait le tour de la ville en vélo, en se dépêchant parce que le magasin de Crocs ferme à 22h. Si vous ne connaissez pas les Crocs, cela n'a rien à voir avec un certain film d'animation de Pixar, ni avec cette sorte de toast mutilé. Ce sont des chaussures en plastique avec des trous qu'il faut reboucher avec des pins à prix exorbitant. Apparemment c'est confortable.
Un typhon a été annoncé, et ça souffle bien déjà la veille. Le jour même, le typhon passe pas loin de l'île de Taïwan, mais nous on est protégé par ces Alpes qui se trouvent juste derrière la ville. Ce qui fait qu'on a un ciel bleu et on essaie de ne pas prendre un coup de soleil. Le reste du pays, c'est moins la fête et plutôt vraiment la tempête, c'est pourquoi beaucoup de magasin sont fermés, les villes ont fermé les écoles, les bus restent sur le tarmac et même les vélos de villes restent attachés à leurs bornes. On a même essayé de les éventailler avec des liasses de billets, mais y avait rien à faire.
Le typhon passe et se trouve ensuite couronné le troisième typhon le plus fort jamais enregistré. Pas seulement au Taïwan, mais dans le monde entier.
Nous, toujours au soleil, pour faire passer le temps, nous allons au restaurant qui a inventé le Boba. Le Kwaa ? entends-je vous vous exclamer ? Le boba, ce n'est pas un personnage dans 5, rue Sésame, mais une appellation qu'on donne, pour une raison qui nous échappe, aux Bubble Tea. Le kwaa encore ? Le bubble tea, c'est du thé au lait avec des perles d'amidon dedans. Et ben, c'est bon en fait, quand c'est bien fait. Faut juste pas être en régime. Un verre de boba contient autant de potentiel explosif calorique qu'un whopper de Burger King.
Les gachapons, ces machines où il faut tourner une roue pour faire sortir une boule qui contient un jouet, ainsi que les machines à griffe, où on essaie d'attraper des peluches où autres avec un bras en métal, se trouvent partout. Vraiment partout. Ces machines sont tellement populaires, qu'il existent des magasins entiers remplis de ces machines, où les gens vont avec leur chariots pour pêcher leurs courses. Si si, il y a des machines où on peut gagner de la lessive, des chips, ou encore, et il faut pas être pressé, du PQ.
On va au musée du tremblement de terre, qui se trouve, comme par hasard, dans une école détruite par le plus gros tremblement de terre qu'ils ont vécu sur l'île. Le Taïwan se situe sur une ligne de fracture entre des plaques tectoniques, ce qui fait qu'ils enregistrent plusieurs dizaines de milliers de tremblements de terre. Par an. La plupart sont trop faible pour être ressenti. Nous, on va à la pièce de résistance du musée. Une salle, avec des coussins bien mous par terre. On s'assoit, puis toute la salle commence à se secouer dans tous les sens, avec la même force que le tremblement qui a laissé l'école en ruine.
Tous les soirs, partout au Taïwan, la chanson du marchand de glace retentit dans les rues et tout le monde, vieux et jeune, sort dans la rue et attend le véhicule avec impatience. Pour y jeter leurs poubelles, sous les yeux strictes des éboueurs.
Mais ce ne sont pas que les camions de poubelle qui animent la rue. La vie se passe dehors ici. Surtout le soir, les parcs grouillent avec des vieux qui dansent, méditent ou jouent à des jeux. On y trouve des jeunes aussi, à s'entraîner sur des machines à muscu ou à promener leurs chiens.
Nous prenons un train de touriste qui gigote presque autant que la salle des tremblements de terre, pour grimper sur Alishan, la montage la plus haute du Taïwan. Ou au moins jusqu'aux deux tiers. Un typhon avait détruit une partie du trajet il y a quelques années et depuis, un bus relie les deux tronçons.
A notre arrêt, on découvre un petit village de montagne, goûte des choses douteuses et on reprend le train pour retourner en ville en bas. Les annonces dans le train sont en mandarin, anglais et japonais et ses annonces annoncent non seulement les arrêts et des faits intéressants sur chaque arrêt, mais plus importants encore, quand le train part dans des virages étroits. Pas parce qu'on doit s'accrocher, le train roule beaucoup trop lentement pour que cela change quoi que ce soit, mais parce qu'on peut voir l'autre bout du train pendant ces virages, et c'est beau à voir et mérite une photo. Les centaines de gens armés d'appareils photos au bord des rails en sont d'accord.
Arrivé de retour en bas, on reprend de suite un autre train pour se rendre à Tainan, avec 400 ans la ville la plus ancienne de Taïwan. C'est jeune, n'est-ce pas ? L'île n'était pourtant pas vide avant. D'après des ossements retrouvés, il y avait des humains il y a 30 000 ans de cela, mais qui se sont perdus au fil des millénaires. Mais, avant que les Portugais, les Espagnols, les Néerlandais et finalement les Chinois arrivent, les Austronésiens sont arrivés il y a 6000 ans. Ils sont donc parentés avec des Polynésiens comme les Maoris en Nouvelle-Zélande ou les Fidjis sur, ben, Fidji. Ils ont un gabarit complètement différent des asiates de l'est, ils sont grands aux épaules larges. Après 400 ans de mélange génétique avec les Chinois Han, ces différences sont moins flagrantes, mais toujours remarquables.
Nous allons dans le vieux quartier des néerlandais. Pas pour l'architecture des Dutchs, on la connaît, mais pour voir un arbre qui a envahit une villa entière. On enchaîne par passer par un temple où un monsieur lâche des centaines de pétards d'un coup, pendant qu'un autre monsieur est possédé et doit se faire retenir par ces copains sur un banc pour ne pas se faire du mal.
On ne veut pas se faire contaminer ou exploser et nous prenons donc un autre train pour aller au plus grand musée privé de Taïwan. On y trouve surtout des œuvres d'art occidentales. Et de l'extérieur, le style architecturale, avec le jardin et les colonnes et tout ça, il pourrait très bien se retrouver à Paris ou en Italie.
On y découvre des machines musicales allemandes extraordinaires, un orchestre dans lequel on peut se promener ainsi que le penseur de Rodin, mais on le soupçonne être une copie.
En revenant en ville, on continue notre voyage culinaire. Cette fois-ci, c'est le tour au plus vieux restaurant de Taïwan. Le premier pot pour cuire leur soupe a été utilisé pendant presque 100 ans et se trouve maintenant exposé derrière une vitre au milieu du resto.
Le lendemain, nous assistons par hasard, on était sur le chemin pour aller à la gare, à une procession de reliques d'un temple à un autre. Cela ne se fait pas en silence, mais les gens déguisés sont accompagnés d'explosions de pétards et de la musique super forte. Les rues, elles, sont plutôt calmes, comme il n'est que huit heures du matin.
Nous arrivons à la ville de Kaohsiung, grande ville portuaire au sud du pays et qui ne commence pas par Tai, pour changer. Leur système de métro n'a pas seulement un, mais deux collections de mascottes, dont un chat en forme de train de métro, et des nanas style animé japonais qui personnifient les trains de métros. Ils adorent les mascottes au Taïwan, on en trouve partout et pour n'importe quel entreprise. Une autre addiction maladive mais bénigne.
Nous allons à la zone d'activité du port. Comme c'est férié, il y a aussi des marchés et des stands de bouffe en plus des magasins. Et de la musique sur scène entrecoupée par des animations qui ramènent des gens du publique sur ladite scène pour les faire boire.
C'est parti pour un autre tour de vélo. Oui, nous en avons fait plein, au grand étonnement des autochtones parce qu'il fait beaucoup trop chaud d'après eux. Comparé à la Thaïlande, il fait plutôt très bon. Un qui pro quo s'enchaîne d'ailleurs à chaque fois qu'on mentionne le fait qu'on habite en Thaïlande, comme les autochtones du Taïwan font la même erreur que ce qu'ils reprochent aux étrangers incultes : confondre ces deux pays.
On fait le tour d'un lac qui est envahit de plusieurs temples les uns plus fantastiques que les autres. Un des ces temples nous incite à rentrer par la bouche d'un dragon et ressortir par la bouche d'un tigre pour avoir de la chance. Ce qu'ils ne vous disent pas, c'est que, pour faire ainsi, il faut sortir et rentrer par une autre partie de corps beaucoup moins glamour.
On passe par un tunnel naturel et on arrive sur le campus d'une université à côté de la mer. Il y a même une plage. Sauf que cette plage est privée et on ne peut y accéder qu'en résidant dans l'hôtel qui se trouve, lui aussi, sur le campus.
Nous prenons un ferry pour aller sur une île pour voir le coucher de soleil, mais on s'y est pris trop tard et il fait déjà tout noir quand on arrive sur la plage.
Nous prenons un bus, cette fois-ci, pour aller au grand musée du grand Bouddha. Il s'agit d'une énorme allée avec de hautes pagodes qui mène vers une pyramide derrière laquelle se trouve une gigantesque statue de Bouddha. Ceci est censé être un musée, et pas un temple, mais on peut quand même prier dans pas mal d'endroits, si on en a envie. On nous offrent également des bonbons partout, au point qu'on sait plus quoi en faire.
On nous incite à faire de la calligraphie pour avoir de la chance. Nous posons aussi des plantes en pot devant les autels, pour les bons vœux également.
Pour finir, nous mangeons dans le resto du musée, ou tout est végétarien, comme les moines ne peuvent pas tuer des animaux.
On quitte la ville de Kaohsiung un bon matin et on longe les belles plages en train pour aller jusqu'à la petite ville de Hualien, sur la côte est du pays. Ici, la Gorge de Taroko est l'attrait touristique principale et nous avons l'impression d'être retourné en Nouvelle-Zélande, tellement ça se ressemble. En attendant un bus, on rencontre des Malaisiens avec qui on partage un taxi pour le retour en ville. En se parlant, on se rend compte qu'ils ont l'image inverse sur la sécurité. Pour eux, l'Asie de Sud-Est est dangereux et l'Europe est bien safe. On a dû leur casser leurs rêves.
On reprend le train pour aller tout au nord, dans le vieux village de Jiufen, qui a la réputation d'avoir inspiré le studio d'animé japonais Ghibli pour certains de ces filmes. Même si ce n'est pas le cas, c'est beau. Et hyper touristique, malgré la pluie.
On a presque fini le tour en s'arrêtant dans la petite ville de Keelung, plus très loin de Taipei, et qui grouille de gens parce que c'est le week-end.
Il y a quelques décennies, partout dans le monde, les architectes créaient les maisons du futur. Et le futur voulait qu'elles soient rondes. Le reste de la planète trouvait cette version du futur pas pratique et les maisons construites de cette façon, ayant très peu de succès, se trouvaient donc à l'abandon. Ces endroits attirent des touristes, des gens comme nous, et nous nous déplaçons donc pour voir un quartier de sous-coupes volantes abandonnées, en face de la mer, à dix mètres de la plage. Il était beau, le futur du passé. Et en fibre de verre.
De retour à Taipei,
on se rend à la "American Street". Pourquoi elle est
américaine ? Non, on ne va pas se faire tirer dessus ou commencer
une guerre, ici, c'est américain, parce que c'est plein de
graffitis.
On y trouve aussi un magasin de glace avec des confettis qui tombent du ciel et des pistolets à bulles à volonté. Évidemment nous ne savions pas résister.
Notre dernier jour sur l'île, nous le passons à Taoyuan, ville un peu au sud de Taipei. On s'y rend d'abord dans un quartier dédié au céramique. Avec nos gros sacs, on se sent comme un éléphant dans un ... magasin de céramique. Mes blagues deviennent trop recherchées, il est donc temps que cet article se termine.
Après une version abrégée de l'Odyssée pour arriver jusqu'à l'aéroport, nous sommes prêt pour prendre l'avion pour notre prochaine étape de notre grand voyage, dont la destination vous sera révélée plus au moins au début de l'article suivant.
Allez bon vol. Ah oui mais c'est nous qui prenons l'avion. Allez, bon temps pendant vous vous déplacez avec le moyen de locomotion que vous avez choisi pour effectuer ce déplacement, si vous vous déplacez.

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