Liberté, émerveillé, fatigué

C'est quoi ça ? Un nouvel article ? Déjà ? On est aussi époustouflé que vous.

On venait donc de rater le WOF (vous vous en souvenez ?) et on devait revenir la semaine d'après. Une pluie avec des précipitations "extraordinaires" (selon l'institut de la météo) est annoncée pour les jours qui suivent.
Le jour J, une partie de cette pluie extraordinaire est déjà tombée, engendrant des glissements de terrain sur la route qu'on aurait dû prendre. On décale le RDV. La pluie continue et seulement quelques heures plus tard, le seul pont menant dans le sud de ce côté du l'île (on est à l'ouest et on le vit bien) est embarqué par la rivière. Oui, plouf, le pont. On oublie le RDV. On va devoir faire réparer Maryvonne en hélicoptère.
Après un demi mètre de pluie en à peine deux jours, des glissements de terrain au nord de la ville font qu'on se retrouve coincé, vraiment coincé, serré, au fond de cette boîte, chanter les sardines, chanter les sardines.
Le maire de la région déclare l'état d'urgence. Notre manager flippe de devoir tous nous évacuer. Anna prépare nos sacs, le strict minimum pour elle, qui compte plus au moins tout ce que nous avons comme affaires en Nouvelle Zélande.
Quand la pluie s'est arrêtée enfin et les dégâts ont pu être constatés, on nous annonce sept à dix jours de travaux pour remplacer le pont avec un pont temporaire. Le dernier pont "temporaire" l'était pendant 25 ans, jusqu'à il y a quelques jours.
Avec normalement plus d'un million de visiteurs par an à Franz Josef, le maire du Westland commente : "That's not good for business." (C'est pas bon pour les affaires, NDLR)








On a pas été évacué finalement, Anna se voit donc devoir vider le sac bredouille.
Quand la route au nord s'est rouverte, les derniers emprisonnés s'en vont et on se retrouve sans clients. Nous décidons donc de partir en vacances semi-forcées.
On s'arrête sur le début (ou la fin, dépendant de la direction d'où vous venez) de la Old Ghost Road, ou les aventuriers cherchaient de l'or. On s'y mets aussi pour en revenir bredouille (et les chaussures mouillées).
Notre prochain arrêt, Reefton, est une ville d'occasion pour tout le monde. On y a l'occasion d'acheter des livres d'occasion, des fringues d'occasion, des meubles d'occasion et des chaussettes (neuves).
J'utilise cette occasion pour vous parler de nos plans futuristiques. On revient en novembre de cette année en Europe, avec une petite escale à Lisbonne, terre de nos pères (turbations), avant de remonter dans le Chnord froid.
Le voyage ne s'arrête pas là. Si la phrase précédente est une surprise pour vous, nous nous excusons d'avoir oublier votre existence. Nous avons pris les billets pour partir fin janvier en Corée du Sud en Visa Vacances Travail (on a essayé la Corée du Nord, mais ils n'ont que des Visas Travail Travail et Travail Forcé).
On s'arrête dans un hostel de luxe à Nelson, parce que Maryvonne pue. Le tapis est mouillé avec toute cette pluie qui s'est infiltrée avec la fuite qu'on a toujours pas trouvée. Pendant qu'elle continue à secher, nous nous relaxons dans la piscine et dans le jaccuzi de l'hostel, avant de monter dans une chambre d'ado, déjà occupée par deux jeunes Allemands. Nous échappons le bordel par terre dans nos lits en hauteur sans gardes.
Le lendemain matin, on grimpe jusqu'au centre de la Nouvelle Zélande.





Voilà.

Dans la région d'Abel Tasman, on peut faire des randonnées de plusieurs jours. N'ayant pas réservé de lit dans une hutte pour le prix d'une chambre d'hôtel (de toute façon, c'était trop tard, il faut réserver des mois en avance), nous en faisons que le début.
Nous montons tout au nord, empruntant une route de gravier longue de huit kilomètres au grand désespoir de Maryvonne, et arrivons à Wharariki Beach, une plage où les otaries viennent faire la sieste. Nous en voyons seulement une petite sortir d'une grotte. C'est pas encore l'heure de la sieste, il paraît. Nous rentrons par les champs minés, courtoisie des moutons locaux.








Où est Anna ?




On passe aux Pupu Springs, un endroit d'eau sacrée pour les Maoris. On a pas droit d'en boire ni même de la toucher, on se contente donc de rire bêtement du nom.


Pour retourner à la civilisation, il faut retraverser la Takaka Hill, qui a 227 virages. Oui, on a compté. Non, il ne connaissent pas les tunnels par ici.
Comme on l'a bien aimé, on retourne dans le même camping à Punakaiki qu'au début de notre voyage. On y laisse même des cadeaux en partant : Une multiprise, une rallonge et un adaptateur international.
Nous refaisons le contrôle technique à Hokitika. Ils nous échangent deux roues et remettent une vis sur le siège conducteur. Il ne voulait pas nous installer l'option toboggan du toit, c'est pas faute d'avoir demandé.
Quand on revient à Franz Josef, la ville est déserte. Toujours pas de travail dans l'hôtel, mais un logement gratuit nous attend. La traversée de la rivière est maintenant possible avec un énorme camion. Quelqu'un a dû se dire : "Plus de pont ? No souci, j'ai encore un vieu camion qui traîne !" Malgré le prix (100 $NZ par voiture et 20 $NZ par personne), beaucoup de gens tentent l'expérience avant que les autorités interdisent ce genre de trafic.





Grâce au nombre abondant d'hélicoptère dans la ville, les enfants habitant du mauvais côté du pont n'échappent quand même pas à l'école. Un peu jaloux, nous aussi on prend un beau matin l'helico pour atterrir au nord d'Okarito sur la plage, où des centaines de milliers de cailloux plutôt propres nous attendent. Avec les grosses pluies, un site "historique" de déchets a été emporté dans la mer, polluant les plages et contribuant au "plus grand désastre écologique de la Nouvelle Zélande". Nous aidons à embellir ses plages, trouvons un demi sac de déchets chacun et sommes rémunérés par deux vols en hélico gratuits et des pizzas à volonté au Monsoon Bar. On pourrait faire ça tous les jours, mais malheureusement il faut retourner travailler au supermarché.










Je profite du beau temps pour emprunter un pistolet de silicone au supermarché et d'en coller une à Maryvonne. Maintenant il faut espérer qu'elle cesse de se faire pipi dessus.

Avec un timing parfait, le pont s'ouvre le jour de notre départ de Franz Josef. On a assisté à une cérémonie avec beaucoup de blabla, interrompue par des gens qui manifestent contre un poison. Reconstruire le pont a donc pris 17 jours au lieu des 10 annoncés. Un chant de bénédiction en Maori, executé par un mec aussi blanc-proute que moi, est accompagné par un orchestre de coquillage. Ce chantage est suivi par un embouteillage limitant le passage des centaines de véhicules attendant de traverser cet ouvrage. Dommage !
Dans l'eau se retrouve toujours le vieux pont tout tordu et ils ont oublié de mettre de l'asphalte sur les planches en bois.






C'est donc parti pour la suite de notre voyage, comme prévu dans le sud. Après avoir compté une vingtaine de possums écrasés, on s'arrête à deux petits lacs, rien que pour se faire agresser par des centaines des sand flies, le répulsif anti-moustique ramené de la Belgique ne faisant aucun effet.

Dans le camping à Haast, les lumières s'éteignent à 21h00. Au dodo les enfants ! Nous en profitons pour nous coucher tôt.
Nous mangeons un fish and chips à Jackson Bay et comprenons pas comment les gens peuvent adorer ça.
Après un passage aux chutes d'eau près de Haast (Jackson Bay est une impasse, il faut revenir sur les mêmes 70 kilomètres), Anna a la lèvre gonflée. Je vous jure que c'est pas moi ! Entre nous deux, Anna est la proie préférée des mouches de sable, ce qui m'arrange plutôt bien.
Deux jours après notre départ, nous arrivons à Wanaka. Un voyage normalement faisable en quatre heures, mais on voulait épargner de l'essence.
On s'arrête au Puzzle World, où nous attrapons le mal de mer dans une maison avec le sol penché, avant de nous perdre dans un grand labyrinthe en bois.
Dans le centre-ville de Wanaka, on est émerveillé. Il y a plus que deux rues ! Il y a des magasins ! Y a un kebab ! Ah, et il y a aussi l'arbre probablement le plus pris en photo du monde (#thatwanakatree) :



On ne sait pas trop pourquoi il attire tout ce monde, mais on l'a pris quand même.
Dans un autre camping, nous n'avons pas de WiFi mais des douches à 1$ les 5 minutes. Faut se dépêcher ou ramener de la monnaie dans sa boîte à savon.

Nous tentons le Roy's Peak. Un sommet haut d'au moins 150 mille mètres ! Ou presque. Malgré la dureté du chemin (ça grimpe tout le temps !) et un trajet annoncé entre cinq et six heures, il y a énormément de monde sur le parking et sur le trajet. Une dame chinoise qu'on double porte un T-shirt disant "Don't follow the crowd!" - Eh ben, c'est raté.
On arrive au premier point de vue où les gens font la queue pour prendre la photo parfaite. Anna me libère des deux sacs à dos que je tirais sur quasiment tout le chemin et je monte le reste du chemin tout seul - en me sentant léger comme une plume. Arrivé sur le pic, il y a beaucoup moins de monde. Un hélico se pose juste à côté du pic. Tricheurs !












On arrive dans un camping où une demi heure en jaccuzi privé est inclut dans le prix. On décide de rester trois nuits. Pour les paysages autour, bien sûr. Et aussi pour soigner nos courbatures dans nos gluteus maximus.
Notre chère Maryvonne nous fait de nouveaux des siennes, en s'éteignant quand elle trouve qu'on va pas assez vite et en ralentissant dans les montées. Nous faisons le tour des garages à Wanaka, mais comme Pâques est dans deux jours, personne a le temps pour regarder. Tout le monde a su nous faire un diagnostique avec nos explications par contre. On a parlé à six mécanos différents et on a eu six explications différentes. Vous voulez pas plutôt jeter un oeil, vite fait ? Non ? Bon, ben, m'enfin bref, d'accord.
On appelle donc les garages à Queenstown et le dernier sur notre liste nous dit que c'est notre jour de chance, ils viennent d'avoir une annulation.
On fonce (on roule quoi) à Queenstown, en faisant un détour d'une heure par Chromwell, parce que c'est plat et notre vieille Maryvonne préfère quand c'est plat.
On laisse la voiture au garage au début de l'après-midi et retrouvons deux amis de Franz Josef, Ami et Max, qui nous informent de la crise de logement à QT. Apparemment, à Pâques, tout le monde y va. On loue donc une petite maison dans l'hôtel surnommé "Pinewood Lodge" (oui, on est passé de Westwood Lodge à Pinewood Lodge) pour un prix exorbitant.
On rencontre deux autres collègues de Franz Josef par hazard sur la plage de QT. La Ène-Zi, c'est petit. On y reste un peu de temps en train de regarder les gens qui font du parapente en ville sans se faire électrocuter par des fils électriques (des fils, pas des fisses. C'est pas pour râler pour rien mais ça porte à confusion, chère Académie Française).
La voiture est réparée, cette fois-ci c'était à Anna de donner un rein (puisque j'en ai plus), et comme vous l'imaginez, on fuit QT, on repart à Wanaka pour prendre la route des montagnes (Maryvonne a pris un coup de jeune, on peut maintenant). À Cardrona, des centaines de soutiens-gorges ont été violemment pendus sur une clôture innocente.





Je m'arrête ici pour aujourd'hui, mais comme vous pouvez consulter sur la carte ci-dessous, notre périple ne s'est pas arrêté juste là. Mais je vous garde ça au chaud pour le prochain blog.

Allez, zoubis !







































































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